O
" Gagner la guerre
Si dans l'allégresse de leur libération les habitants des régions débarrassées de l'occupant ont pu croire un instant que les hostilités étaient terminées, la guerre, elle, ne l'est pas; le général de Gaulle n'a garde de l'oublier. (...) On ne peut décréter la mobilisation générale : la France est entièrement dépendante de ses alliés pour l'équipement et l'armement. Elle ne peut donc lever de divisions qu'au rythme de l'aide reçue. Mais on pousse aux engagements individuels. Les officiers en disponibilité sont pressés de reprendre du service. Les combattants de l'intérieur - les F.F.I. - entre autres le colonel Fabien qui sera tué sur le front des Vosges, et la brigade Alsace-Lorraine commandée par le colonel Berger, alias André Malraux, viennent étoffer les huit divisons qui se battent devant Belfort ou sur les pentes de Vosges. Le général de Lattre de Tassigny réussit, par son imagination compréhensive, la fusion de ces éléments disparates par laquelle revit le vieux terme d' "amalgame" qui avait désigné au temps de la Révolution la fusion des vieilles troupes de la monarchie avec les jeunes gardes nationales. Cette opération réussie nourrit l'espoir de faire surgir une armée nouvelle. Au total, la France aligne 18 divisions et 1,3 millions d'hommes sous les drapeaux à la fin des hostilités."
